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bouhamidimohamed

Chroniques de deux années décisives de l'alliance de la caste des oligarques et du néocolonialisme.

12 Mars 2019 , Rédigé par bouhamidi mohamed Publié dans #-Algérie

Chroniques de deux années décisives de l'alliance de la caste des oligarques et du néocolonialisme.

Je vous propose de parcourir ces chroniques écrites entre la fin de 2014 et la moitié 2016, premières années du 4ème mandat et donc celles du virage despotique de l'oligarchie impatiente de mettre la main sur encore plus d'argent en attendant la privatisation du pétrole certainement programmée pour ces élections 2019 au vu de la nouvelle loi sur les hydrocarbures annoncée par notre ministre de l'énergie (1). Elles sont toutes liées à la phase cruciale de l’entrée de notre État dans sa crise de basculement dans les mains des oligarques et la transformation autour du président Bouteflika en caste. Le fil des chroniques peut aider les jeunes à connaître une partie de cette évolution.  Mieux vaut en avoir une idée qui peut les aider à fouiller plus loin. Aux plus âgés ce fil peut servir d’aide mémoire.

Son intérêt peut résider aussi dans le marquage des tournants imperceptibles à l’époque mais probablement plus parlants aujourd’hui.

Le présent est une forme développée du passé. Puissiez-vous trouver dans ces contributions collées à l’actualité ancienne quelques informations utiles sur la mise de notre pays sous tutelle néocoloniale. Je peux avoir commis des erreurs de classement chronologique de ces chroniques, je m’en excuse, les yeux me font mal d’être resté des heures et des heures face à l’écran.

1 - https://www.huffpostmaghreb.com/entry/adoption-de-la-nouvelle-loi-sur-les-hydrocarbures-en-2019_mg_5c863e09e4b0ed0a00154f6b?ncid=fcbklnkfrhpmg00000008&fbclid=IwAR3RlHuVSHDmTgoG9lEUpCMnPJUNhPUMUGn26pHQe2hGUI28e8gzAi-pkoc

Algérie : le dangereux refus de « la paix sociale » 

28 12 2014

Pour  les algériens qui ont  de la mémoire, la chute du prix du pétrole réveille le souvenir du processus qui a menéà la grande fracture d’octobre 1988 puis à la lutte sanglante qui en a résulté et qui devait démembrer l’Algérie. Nous retrouvons des similitudes frappantes avec la conduite générale de l’Etat et des acteurs politiques d’aujourd’hui. Les années 80 ont vu une partie importante des revenus pétroliers  détournée de leurs destinations d’investissement productif (1) vers l’importation de produits de consommation éphémère. Les nouvelles forces qui avaient investi le sommet de l’Etat, à la mort de Boumediene,cherchaient à convaincre le peuple du bien-fondé du  retourà une économie de marché et à son consumérisme à la place de l’austère politique de développement. Elles brandirent le slogan : «Pour une vie meilleure ».

En moins d’une décennie elles démembrèrent des entreprises publiques parvenues au seuil de concentration et d’optimisation des ressources humaines nécessaires à leurs missions de développement.  La corruption socialement marginale à l’époque commença  à gangréner l’Etat avec la naissance du clientélisme. La forte présence dans l’Etat de partisans d’une politique indépendante de développement économique appuyé sur de grandes entreprises d’Etat, avait contrariécette  conquête de la totalité de l’Etat par les partisans de l’économie de marché et de l’abandon du pacte de novembre qui appelait clairement  à un « Etat social ». 

La chute du baril de 27,01 à 13,53 $ et la division par deux des rentrées  pétrolières en 1986 a modifié profondément les conditions de confrontation entre les deux camps.  Le pouvoir neuf des libéraux risquait de sombrer  avec la fin peu glorieuse de l’importation de fruits exotiques  alors que nous avions un besoin pressant d’usines et d’universités.  Pour défendre leur pouvoir et ce modèle, ses partisans ont déclenché une campagne de presse d’une grande violence reportant sur les partisans  d’une voie nationale pour le développement,   les raisons de leur échec. Ils allèrent droit au but derrière l’affirmation péremptoire que « L’Etat n’est pas la vache à traire » en remplacement de leur promesse « pour une vie meilleure ».

C’était un  retournement contre le peuple accusé de nourrir des prétentions ruineuses en  espérantl’Etat social et l’équité promises par la proclamation du 1er novembre 1954 et le peuple l’a ressenti comme une trahison et un holdup. C’est par cette rupture que s’est engouffré la violence des années 90 au cours de laquelle furent expulsés de l’Etat tous les représentants notoire du socialisme.

Aujourd’hui, les réformes ont produit les oligarques algériens aux puissants réseaux à l’intérieur de l’Etat et à l’influence sans partage sur les médias.  Les partisans d’une politique de développement se battent dans des conditions difficiles et défavorables.  Les dirigeants honnêtes ont touché du doigt à quel point l’accord d’association avec l’Europe nous a rendu impuissants. La ligne de confrontation s’est déplacée du choix de la voie économique  à la simple survie de l’Etat algérien dont on sait qu’il ne pourra tenir sans l’attachement à la guerre de libération et à la mémoire des Didouche (2) et sans équité dont les algériens, anthropologiquement, n’accepteront  jamais le déni.

Dans cette configuration hautement dangereuse dans les circonstances des menaces terroristes, des tensions dans le sud du pays, des poussées des idées autonomistes,  les oligarques et leurs représentants à l’intérieur de l’Etat, du pouvoir, de l’opposition et des médias impatients de faire main basse définitive sur l’Algérie ont déclenché une violente  campagne contre les mesures d‘urgence palliatives aux  effets de la dégringolade du prix du baril et accuse le pouvoir qui est essentiellement entre leurs mains de vouloir « acheter la paix sociale » et se débarrasser par ce subterfuge des derniers obstacles à leur soif d’hégémonie. Comme à l’époque des « L’Etat n’est une vache à traire » les adeptes de la transition sont prêts à en découdre avec le peuple pour régler la question de la propriété du pays. De la mort de Boumediene à 1990, cette politique aventurière nous amené à la décennie infernale.  Aujourd’hui cet appel à la guerre sociale entrainera la dislocation de l’Algérie pour laquelle,  45 ans d’illusions libérales ont réunies suffisamment de conditions pour la fin de son Etat national.

Mohamed Bouhamidi. 

 

 

 

1-« Economie algérienne – Le développement national contrarié » de Abdelatif Rebah- Editions INAS – Alger – 2012 – est une mine d’informations en plus d’être un ouvrage décisif pour tout débat sur les options et questions économiques de nos cinquante ans d’indépendance.

2-« Si nous venions à mourir, défendez nos mémoires » : recommandation de Didouche Mourad, l’un des dirigeants du comité qui a préparé l’insurrection du1er novembre 1954.

M.B

http://www.impact24.info/?p=3069

 

Le réseautage  du secteur de la culture et la politique de l’aubaine. 

Février 2015

La lettre de  démission de Mme F.Souici, (1) chef du département communication et porte-parole officielle de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015», a donné sa dernière chance au débat nécessaire mais occulté et toujours refoulé par le ministère sur le contenu et les buts désirables de cet événement.La lettre met les mots surla nécessité la plus immédiate de la  politique culturelle : le contrôle de  l’affectation et de l’usage de l’argent avec  le refus d’installer un « « comité de veille et de surveillance des dépenses des deniers publics».  Il s’agit pourtant de la seule proposition apte à donner vieaux assertions sans suite de la ministre de vouloir d’impulser une démarche d’inclusionavec les artistes et des créateurs. Ses affirmations que le ministère n’a pas à formuler d’orientations mais à soutenir les initiatives (entendez du secteur privé) et ouvrir la gestion à la « société civile », c’est-à-dire aux ONG, montraient clairement que sa politique inclusive concernait le secteur privé dont elle se mettait à la traîne et dans lequel règne,  sans partage, la loi du profit et celle des plus puissants, du rapport des forces et  des réseaux, qui instrumentalisent l’Etat. Ces assertions  profilent, finalement et  par le vide,des nouvelles orientations au service exclusif  du secteur privé et des ONG câblées aux puissances étrangères au lieu et place du service de la nation et de l’Etat.

Cette lettre avançait des orientations en faveur de la ville et des populations de Constantine : « Je voulais faire de l’événement une plus-value en termes d’apport économique, de création d’emplois dans le secteur de la culture. Elle poursuit : « …les spots et autres supports médiatiques, générateurs de beaucoup d’argent sont la chasse gardée de petits nababs venus d’Alger»et dénonce l’impudence de la prédation le cas d’une  « certaine «Madame Dalila» venue à la recherche d’un contrat de 5 millions de dinars pour célébrer le 8 Mars ».

L’article consacré à cette lettre nous précise que « FaouziaSouici s’interroge sur «l’utilité» d’un tel événement s’il n’offre pas l’occasion à la population de Constantine «de mettre en avant son savoir-faire, son savoir-vivre, ses valeurs ancestrales, ses créateurs à travers ses artistes, ses peintres, ses sculpteurs, ses cinéastes, ses boîtes de production, ses artisans…». Bref une culture au service, même imparfait, des populations au lieu et place des boîtes de com, de cinéma et d’édition. 

Cette manifestation exprime au plus haut point le désarmement culturel en cours de notre pays comme le montre en profondeur cet extrait d’un message privé  d’une une haute figure culturelle de cette ville :

« Auteur de la toute première synthèse sur la culture constantinoise des premières décennies de l’indépendance, je ne suis pas partie prenante dans la manifestation "Constantine, capitale de la culture arabe 2015", qui figure une scène d’infinie prédation. Derrière le paravent d’une politique culturelle libérale, la bureaucratie du ministère de la culture définit dans le cas cette manifestation des options qui ne laissent aucune place aux compétitions de légitimité des acteurs du champ culturel. Plusieurs associations et acteurs locaux du champ culturel, odieusement marginalisés, n’ont pu faire entendre leur cri désespéré à l’approche de la manifestation dont les programmes restent encore inaboutis dans une ville en chantier qui ne voit pas encore le bout d'inconséquents rapiéçages de ses monuments.

À Constantine, le pari pour la ministre de la culture et le gouvernement qu’elle représente aurait été de donner réellement corps à une valorisation du patrimoine local et de la région et d’en faire l’exemple d’une projection – pédagogique – dans la culture arabe. Cela suppose une action réfléchie de désenclavement du champ historique arabo-musulman de la cité, caractérisé sur une période de huit siècles, du VIIIe au XVe siècle par des trous, dont nous n’avons objectivement pas, aujourd’hui, les outils théoriques. Comme, nous n’avons pas les moyens du sérieux et de la rigueur dans cette année arabe, on va tout mettre en chansons et en danses dans une frénésie légère.

Mais depuis quand la folklorisation de la culture et son pendant politique populiste tiennent-ils lieux de programme ? C’est le Français André Gide qui a dit qu’on ne fait pas de littérature avec de bons sentiments. Cela devrait se vérifier tout le temps, bien sûr de Sophocle à Alloula. À Constantine, où le théâtre collectif du TRC a servi d’amorce à une critique politique de la société et du pouvoir (…), ce serait une insurmontable régression de lui prêter l’objectif de « propager l’amour entre les gens », pieuse entreprise qui n’était dans les attentes ni de Shakespeare ni de Ben Johnson. ».

C’est dans ce vide d’orientations que se délite la résistance sociale à la reconquête coloniale. Derrière les bons sentiments qu’il nous sert à profusion, ce ministère de la culture aura fait beaucoup pour évider l’Etat  et affaiblir la nation.

M.B

Source : http://www.impact24.info/?p=5006

 

   

Alger dans son désordre constitutionnel.

Par Mohamed Bouhamidi  le19 04 2015

Les présidents du Sénat et du Parlement, le chef du FLN, parti officiellement au pouvoir, le Président du conseil constitutionnel,  ni aucune autre personnalité marquante qui se sont exprimés sur la réforme constitutionnelle ne semblent en mesure de déterminer où se trouve le projet ni la réalité des changements projetés. Fuites, déclarations, scoops,  se trouvent régulièrement démentis par leurs auteurs.Cela fait désordre au sommet et la rétention de l’information sur les changements retenus contredit l’engagementde mettre en œuvre une large association de l’opinion publique.

Bien sûr des partis politiques ont déposé leurs propositions et des personnalités nationales ont été consultées. Cela ne fait pas un échange national croisé sur le destin et la gouvernance désirables pour notre pays entre les acteurs de notre vie politique. Et le dialogue du pouvoir avec chacun des acteurs de la vie nationale séparément ne construit pas une interaction pour penser les règles de vie commune et les voies vertueuses pour vider les conflits et les tensions prévisibles.

Dans ce désordre n’apparaît avec certitude que la seule  démarche en acte : celle de faire adopter la nouvelle constitution par les deux chambres réunies. Seule, cette  voie permettra au pouvoir de faire  passer la réforme sans subir les désagréments d’un référendum qui l’aurait obligé à mener campagne auprès des citoyens et donner du temps d’antenne et de la visibilité méritée ou imméritée à l’opposition.

Cette démarche indécise du pouvoir,  consulter l’opposition et des personnalités nationales mais en vase clos et faire adopter la réforme par sa propre majorité, est pourtant l’indice le plus précieux d’une recherche de consensus entre les acteurs politiques mais pas un consensus entre les composantes de notre peuple. D’où la concentration des fuites sur deux seuls aspects fantasmatique : la création d’une vice-présidence qui réglerait les problèmes de succession immédiate sans les urnes et la limitation de l’exercice présidentiel  à deux mandats,  limitation que l’opposition s’est acharnée à considérer comme synonyme d’alternance et de garantie démocratique et que le pouvoir lui concède à travers rumeurs et indiscrétions la désarmant ainsi devant l’opinion publique. 

Le débat évacué faute d’objet consistant et faute d’objet tout court, cette conduite apparemment   indécise du pouvoir se charge de tous les sens de la phase historique que nous traversons. Les réformes en faveur du marché engagées à la mort de Boumediene visaient  explicitement à restaurer la gestion du pays par les lois du marché au lieu et place de la gestion du pays par les nécessités sociales d’éducation, de santé, de développement volontariste, socialisé et autocentré.  Cette « transition » s’éternise dans les conditions actuelles de domination absolue de l’impérialisme aucun capitalisme périphérique n’est possible, sauf s’il se développe en opposition à cet impérialisme une volonté nationale et une socialisation minimum des profits. Sans cela, les réformes, en détruisant la volonté nationale solidaire que nous avons connue sous Boumediene, ont livré le pays aux forces sociales existantes, celle des structures tribales, qui fabriquent le fond de la culture politique spontané de nos élites.  Les oligarques qui se sont emparé d’une bonne partie du pouvoir  ont cloné leurs réseaux sur cette culture clanique.

Le niveau démocratique réel de notre Etat est celui de cette culture politique réelle. Sous le vernis d’une transition vers le capitalisme, sans bourgeoisie nationale si même une bourgeoisie nationale peut encore exister,  le retour du tabou politique du patriarcat restera la clé de voute de notre vie politique. On ne discute pas l’autorité absolue du chef sous peine d’ouvrir les portes de la discorde de détruire l’équilibre entre les différentes forces, fractions, clans, groupes, qui exigent la totalité de ce qu’ils peuvent accaparer des biens nationaux  en attendant que l’une de ces composantes s’empare du tout et écarte les autres forcément avec une aide étrangère, au vu de le balance générale des forces.

 

Dans cette démarche, même les plus hautes fonctions de l’Etat, présidence du Sénat, du Parlement, du Conseil Constitutionnel, du parti au pouvoir ne savent ce qui se prépare ou se décide. Devant « la ligne rouge » du chef de l’Etat, ils attendent les décisions stratégiques mais derrière l’apparence du désordre l’ordre réel et occulté des forces en possession de l’Etat réel travaillent leurs bras de fer.

M.B.

 

Source :  http://www.impact24.info/?p=7436

Lien facebook : https://www.facebook.com/chroniques.bouhamidi?fref=nf

L’amitié algéro-française dans la dynamique des « bureaux arabes ».

Par Mohamed Bouhamidi

17.05.2015 14:57

Avec Chirac, Sarkozy ou Hollande les manifestations d’amitié algéro-françaises ne se démentent pas. Au-delà de l’identité politique de locataire de l’Elysée, chaque élection présidentielle a invariablement débouché sur  un voyage à Alger, quelques mots rapides sur les excès condamnables du colonialisme  et, pour des entreprises françaises, des contrats substantiels  et salvateurs pour leurs carnets de commande. L‘engagement algérien dans cette amitié a atteint le point culminant de la mystification avec la présentation comme modèles de transferts de technologie de simples ateliers de montage pour la voiture Renault-symbol ou pour les rames de tramway dans lesquels rien n’est algérien hormis le personnel d’exécution, les crédits, les facilités, et les garanties administratives de profits élevés. Sur le plan culturel, l’engagement algérien « à tourner la page » coloniale, transforméeen épisode accidentel, se manifeste de façon particulièrement scandaleuse pour le cinéma et le livre, fronts les plus actifs d’un révisionnisme qui invente le roman d’un colonialisme de rêve bienfaiteur de l’Algérie et l’image horrifique d’un mouvement national né dans la délinquance avant le 1er novembre 1954 et accompli dans les pratiques exclusivement maffieuses post indépendances (1). On ne peut faire plus mieux pour donner raison à la thèse du complexe du colonisé de notre théoricien Fanon ni pour réaliser sa prophétie que les élites bourgeoises retourneront dans le giron de l’ancienne  puissance coloniale pour faire face aux aspirations  de justice et de de vie solidaire  de nos peuples et leur subtiliser les fruits de leurs luttes.

Avec les rames de tramway et la Renault –symbol les dirigeants français par une action purement politique nous font acheter leurs produits en pièces détachés plus chers que s’ils arrivaient finis.

Ils s’installent dans des positions dominantes  par la force de l’intrusion politique et non par la seule régulation de « la main invisible du marché ».

Ils reprochaient au socialisme de Boumediene les deux choses : l’action directe de l’Etat dans le développement économique et des produits locaux plus chers qu’à l’importation en plus de faire du social par la création volontariste d’emplois.Grâce à ces  conseils et à ceux du FMI,nous faisons encore plus de socialen engloutissant, dans les aides aux chômeurs et aux pauvres, des sommes colossales qui nous construisaient nos usines et leur garantissaient l’emploi et la dignité.

Les dirigeants français et leurs élites académiques et médiatiques aux ordres  nous ramènent sous leur guidance et pour leur seul profit à  l’économie administrée.

Nous sommes repassés aux fondamentaux de la situation coloniale d’un marché des matières premières et d’un débouché des produits industriels.

Seul ombre au tableau la Chine et la mémoire de novembre qui tient debout.

Qui tient quelques-uns d’entre nous debout.

Les paroles mielleuses de Fabius à Annaba sur la coopération exemplaire et le montage maquillé en transfert des technologies ne peuvent rien cacher de leur fiel colonial ni endormir toutes les consciences.

Seul bonheur dans le tableau: celui de candidats indigènes qui rêvent de faire, au plus tôt,  du gouvernement algérien un « bureau arabe »(2).

Le rapport des forces semble entièrement en leur faveur.

Pour l’instant.         

 M. B

  1. Ce sont les thèses défendues par « Les  hors la loi » et «El Wahrani »  films réalisés par des français nés de parents algériens et très généreusement financés par l’Algérie au titre d’un accord néocolonial de coopération cinématographique.
  2. structures administratives créées par  la colonisation en 1844 tenir en main les indigènes, prévenir leurs révoltes, les  gérer par la ruse et des politiques très élaborées de divisions et de dissensions constantes. Les supplétifs algériens gagnaient évidemment des miettes conséquentes pour services rendus. 

Source : http://www.impact24.info/lamitie-algero-francaise-dans-la-dynamique-des-bureaux-arabes/

 

Le général, le chef de  parti et l’Algérie post-novembre 1954.

Mohamed Bouhamidi 14.06.2015 15:30

Saïdani chef du FLN a relancé la polémique autour  la lettre du ministre de la défense et chef d’état-major des armées. Le militaire a encensé l’homme politique pour ses qualités de chef et de dirigeant. L’homme politique nous apprendra de son côté que le militaire a avorté un coup d’Etat en s’opposant à l’application d’un article de la constitution sur l’empêchement du président pour incapacité physique. Ce point précis jette une autre lumière sur la lettre du militaire et sur l’existence d’un épisode crucial de la vie du régime lors de l’évacuation de notre président  pour des soins à l’hôpital militaire français du Val de Grâce.

Vraie ou fausse, cette affirmation de Saïdani indique qu’une panique a saisi les arcanes du régime à cette période. Les prérogatives d’engagement  du processus d’empêchement sont entièrement détenues par des structures du pouvoir  et l’opposition est impuissante sur ce plan.

Saïdani nous parle donc d’un épisode au sein du pouvoir et d’une lutte entre partisans et adversaires du maintien du président malade. S’il fabule, il projette quand même une grande peur d’un événement redouté. S’il dit la vérité il met en lumière le rôle du chef de l’armée et nous éclaire sur le poids du chef de l’état-major dans le processus du contrôle du président sur l’armée et par conséquent sur  le pouvoir. Dans les deux cas il réaménage un peu la vérité mais la lettre du général -flatteuse pour l’homme qui restera dans la petite histoire pour avoir attaqué violemment  le patron des services secrets - vient plutôt confirmer  que les groupes politiques au pouvoir sont passés très près d’une rupture.

Elle confirme surtout que dans cette phase, Saïdani a joué un rôle. On comprend maintenant qu’il devait mener la marche pour écarter la vieille garde du  FLN comme on a écarté de l’ANP la vieille garde de l’ALN sauf quelques cactus, soulagés  de leurs épines. La lettre du général lui a reconnu les mérites de la mission accomplie.

Désormais le parti FLN est intégré à un groupe qui a fait main basse sur le pouvoir. Nous ne sommes plus dans une configuration constitutionnelle. Saïdani nous le dit avec son abrupte agressivité : Gaïd Salah a mis le poids de l’armée dans une affaire, constitutionnellement civile, de juger de la pertinence de l’empêchement du président pour raisons médicales. 

Nous avons au moins une image politique relativement nette. Saïdani est le représentant de ce groupe à la tête du FLN et Gaïdsalah est sa projection à la tête de l’armée.

La situation est inédite au plan formel. Au plan de la réalité depuis l’arrivée de notre président, le pouvoir affiche un mépris souverain de toute norme constitutionnelle. L’opposition s’était résignée à ce mode de fonctionnement, n’ayant aucun moyen de le contester.

La lettre l’a cependant sidérée avant que la déclaration de Saïdani sur les mérites du général ne l’achève totalement. Elle se réveille dans une configuration totalement nouvelle.

 

Une  seule donnée était claire le reste. Le FLN nouveau, celui de l’argent sale, comme le dit la vieille garde du FLN, est conforme et cohérent, en parfaite correspondance avec le pouvoir  des oligarques, par définition pouvoir de l’argent sale.   

Les oligarques ne pouvaient aller plus loin dans leur conquête totale du pouvoir avec les formes et le langage qui correspondent à une phase historique de construction nationale  révolue sous les coups des réformateurs et des terroristes.

Les congratulations partagées entre le général et le chef de parti  expriment la satisfaction de l’un pour l’autre de la tâche qu’ils ont accomplie en virtuoses de nous transporter dans une Algérie post-novembre1954.

M.B

http://www.impact24.info/le-general-le-chef-de-parti-et-lalgerie-post-novembre-1954/

 

 

 

 

L’embarrassante célébration de l’indépendance nationale.

Mohamed Bouhamidi.05.07.2015 22:00

 

En politique le sens est dans la forme.

Nous avons, jadis, célébré des anniversaires de l’indépendance, et du 1er novembre 1954, au plus près des citoyens. Seul souci d’antan : ancrer la mémoire et le sens, oucher le plus grand nombre, associer toutes les catégories  d’âge, balayer tout le spectre des activités humaines ; tournois du sport de masse ou au travail ; soirées artistiques ; colloques, meetings, rassemblements populaires, recueillements sur sites dans tous les recoins du pays.

Les drogués de la transition vers l’économie de  marché nous diront que cela fait atrocement « démocratie populaire » et « embrigadement des masses ».

Les célébrations populaires du 4 juillet aux USA ne relèvent pas d’un Politburo.

Les bals du 14 juillet, dans chaque recoin de France, ne sont pas l’application d’une directive de Staline.

Ils restituent le mythe que la révolution bourgeoise a libéré toute la société.

Sans ce mythe la bourgeoisie ne peut encore faire passer  ses intérêts pour l’intérêt général et ne pourrait contenir dans l’Un de sa République ou dans n’importe laquelle de ses formes d’Etat le multiple des composantes, de ses contradictions ou de la mémoire des massacres de la Commune de Paris.

Le service minimum de la célébration de nos dates fondatrices de novembre et juillet, leur air d’obligation protocolaire, la dissociation du peuple et de la société  dans la fabrication du sens signifie au contraire pour notre pays que l’oligarchie qui a conquis le pouvoir est contrariée par la résilience de l’Un, symbole de la solidarité dans la société car symbole de l’unité dans la lutte.  

Le multiple populaire des paysans, des montagnards, des familles patriciennes, des artisans, des ouvriers, des jeunes de toutes catégories, fusionné dans l’Un de la lutte de libération nationale ne l’arrange pas.

Cette oligarchie s’est construite autour des éléments qui étaient dans les franges lumpenprolétariat de ce multiple et leur développement exige la destruction de l’Un qui les a nourris pour assouvir tous leurs appétits de richesses.

La destruction du sens de novembre et de juillet passe par le détricotage des liens sociaux, populaires, artistiques, culturels qui sont le corps concret, matériel, de la mémoire d’une Algérie libéré par TOUT son peuple et non par la ruse ou le courage d‘un messie inspiré.

Cette forme privatisée, par l’oligarchie,  de la célébration est une forme nécessaire et accompagnatrice de la privatisation du pays.

Ces forces en possession du pouvoir n’ont pas besoin d’illusionner le peuple. Elles n’ont pas à gérer les composantes et les contradictions du multiple de notre société   pour les maintenir dans la vassalité par la tête. Elles ont plutôt besoin de l’assentiment étranger pour passer à la dictature personnalisée qui leur permettrait d’en finir, enfin, avec l’idée du droit de notre peuple sur le pays qu’il a libéré.

De derrière cette espèce de folklore officiel, et dans les moyens limités offerts par Internet, montent des alertes, de quelques dernières sentinelles. En voilà une qui chercheson chemin, lancée parle fils d’un martyr  qui a contribué à construire les premiers groupes de choc de l’ALN à Alger. Lisez :

 « …Comme dénoncer celles et ceux qui foulent aux pieds les idéaux de Novembre et leur objectifs premiers: recouvrement de la personnalité nationale et édification d'un Etat souverain au sens plein du terme, sous la forme d'une république démocratique et sociale mobilisant tous les segments du peuple algérien pour le développement multiforme du pays, tout en leur redistribuant harmonieusement les fruits du labeur collectif de la nation.

Vous vous rendez compte qu'il devient pratiquement honteux de célébrer les martyrs de la révolution tout en respectant les moudjahidine survivants, à l'exclusion bien sûr des faussaires qu'il s'agit de débusquer en tous lieux et en tous temps. C'est disent presque innocemment nos jeunes "has been", d'une époque révolue dans l'intérêt de l'Algérie arrimée à la mondialisation. La plus grande escroquerie imposée aux peuples de tous les coins de la terre.

L'Algérie rassemblée, mobilisée autour de ses intérêts bien compris et pour sa sauvegarde en tant qu'Etat et nation, ne doit plus avoir cours aux yeux de ceux qui veulent remonter à rebours l'histoire, et en empêcher le cours naturel.

Il y a d'abord l'hernie intérieure que constitue notre mode de gouvernement, mais aussi ses appuis de l'étranger, néo-colonialistes et impérialistes d'hier et d'aujourd'hui.

Bonne fête,

Gloire à nos martyrs

Respect et sollicitude envers nos combattants, soldats hier du peuple algérien en lutte pour son émancipation nationale, fers de lances aujourd'hui pour la défense de la république démocratique et sociale à asseoir durablement. »

Mohamed Bouhamidi

Source : http://www.impact24.info/lembarrassante-celebration-de-lindependance-nationale/

 

Le retour de la France mandataire en Algérie.

Par Mohamed Bouhamidi 23.08.2015

Les choses sérieuses se traitent en aparté.

Nous ne saurons jamais ce que disent nos dirigeants à leurs partenaires étrangers, sauf fuites intéressées ou déclarations intentionnellement dégradantes   de Juppé ou de Fabius. Le premier a fait part de l’accord de notre président pour une célébration « retenue » du cinquantenaire de notre indépendance quand tous les cercles liés à l’Etat français travaillaient la propagande des bienfaits du colonialisme depuis 2003 et préparaient l’apothéose du colloque de Marseille, véritable embuscade tendue à la vérité historique pour faire des actions de l’ALN, des opérations terroristes. Avec à la clé, la décision du pouvoir de faire avorter une tentative de loi criminalisant la colonisation.

C’est beaucoup de cadeaux aux chansonniers des bienfaits de la colonisation.

Juppé va récidiver en pleine crise libyenne en rapportant publiquement les plates dénégations, du ministre des A.E algérien Medelci, d’une aide en armement au gouvernement libyen légal et légitime de M. Kadhafi et ses assurances sur les limites de l’accueil de la fille Kadhafi. 

Les deux « révélations » de Juppé donnaient l’image d’un ascendant indiscutable de la présidence Sarkozy sur la gouvernance algérienne.

Fabius révèlera à un journal français en décembre 2012 (1) l’accord algérien pour l’exploration et  l’exploitation du gaz de schiste avant que l’américain Ernest  Moniz (2) ne le coiffe sur le poteau en juin 2014.

Le résultat de la « communication » et de la fuite de Fabius est le même : la présidence Hollande a de l’ascendant sur la gouvernance algérienne. Voire même plus d’ascendant au vu des privilèges néocoloniaux concédés par l’Algérie aux entreprises françaises particulièrement Renault et Alsthom, vraie star du soutien à la colonisation israélienne.  

Comment comprendre le manque de réaction des dirigeants algériens qui se laissent ainsi discréditer et ne réagissent pas à la divulgation d’ententes secrètes dégradantes pour leur image ?

Leur  besoin d’un soutien français pour leurs projets secrets ou publics doit être si profond qu’ils ne peuvent que se taire devant l’humiliation.

Arracher notre Etat à son peuple, transférer à la mode Eltsine des centaines de milliards de dollars du patrimoine national industriel et agricole public entre les mains  de quelques oligarques, accélérer la mise en place d’une forme monarchique du pouvoir  plus adaptée aux nouvelles classes d’affairistes  placées au-dessus de la loi et du droit, tout à fait comme les castes féodales à l’ancienne, et, enfin privatiser le pétrole ne peuvent se faire sans un appui externe.

La conduite apparemment indigne des Juppé et Fabius de vendre la mèche des ententes secrètes est, bien au contraire, la démarche logique de mise  en place de la relation de nouveau dominant à nouveau dominé, de la relation néocoloniale ratée en 1962. Le néo colonisé doit montrer toute l’étendue de son aliénation et toutes ses capacités d’abandon national et son aptitude à revêtir les costumes des hommes de paille pour que l’aide demandée lui soit assurée. 

La « feuille de route » de l’Algérie, selon la belle formulation de OmarBenbekhti,  est  désormais écrite à quatre mains.

Il reste le décorum culturel du retour d’une France mandataire après les accords ou les silences démissionnaires de notre Etat qui laissent sous son influence hégémonique les secteurs de l’information et de la culture.

C’est par cette influence que le film « El Waharani » allait servir à casser  le boycott culturel d’Israël. C’est par cette influence  qu’un nouveau financement est en préparation pour son réalisateur.

Le grand décorum pour le retour de la France mandataire sera le Salon International du Livre d’Alger dont elle sera l’invité d’honneur, vers la période d’automne. 

Quand on sera en plein baroud.

  1. http://www.lepoint.fr/confidentiels/exclusif-gaz-de-schiste-la-france-va-explorer-en-algerie-20-12-2012-1604170_785.php

 

  1. http://www.energymed.eu/2014/06/16/les-etats-unis-font-des-offres-de-service-a-lalgerie-pour-les-gaz-de-schiste/

 

  1. http://www.impact24.info/qui-trace-la-feuille-de-route-pour-lalgerie/

 

https://www.facebook.com/chroniques.bouhamidi

 

Héraclite et la lettre au président Bouteflika. 

Octobre 2015

La réalité des grands tournants politiques se manifeste souvent dans des détails.

L’un d’eux nous vient du Salon du Livre.

Transformé  en manifestation envahissante de pub pour sa politique de son invité d’honneur, la France, ancienne puissance coloniale.

Du jamais vu, même avec les USA, en 2014.

On a interdit l’entrée, de vingt exemplaires d’un livre sur la vie de Mahmoud Latrèche, algérien né au moyen orient, militant  des partis communistes de Palestine, et du Liban une grande figure du mouvement de libération  arabe et de la libération sociale.

Les français n’y sont pour rien.

C’est le fait de ceux qui ont offert, depuis de si nombreuses années, au FMI, aux experts étranger, à l’Union Européenne et singulièrement la France, le « droit de préemption »sur les choix culturels, économiques, voire politique de l’administration algérienne.

Une si haute figure anticoloniale et du socialisme n’avait pas de droit de cité dans ces noces du remariage.

C’est cette répression totalement passée sous silence qui confère pour moi, une allure d’incohérenceà la lettre des dix-neuf personnalités algériennes une allure d’incohérence. Déplorer l’abandon du « droit de préemption »  de l’Etat sans relever qu’il cet abandon est le fils naturel  du « droit de préemption » sur nos têtes, nos pensées, nos choix, modèles offert aux gourous et aux institutions du capitalisme financier international.

dans la tête de ceux qui ont décidé de nous mettre dans la voie de l’insertion dans l’ordre mondial du capitalisme, la seule issue aux problèmes créés par cette orientation,  c’est encore plus d’insertion et donc plus de mondialisation et moins de « national ». Plus d’espoirs illusoires d’IDE et encore moins d’Etat dans l’économie, le social, le culturel et donc dans le politique.

L’abandon du droit de préemption, en fait du principe et du devoir de préemption de l’Etat,  n’est pas un revirement ou une trahison des actuels responsables. Il est l’aboutissement logique du choix fondamental une insertion sans réserves dans l’économie de marché, accomplie par l’accord d’association avec l’U. Européenne. Il suffisait juste que les circonstances et la crise agissent pour provoquer la poussée de cette logique, comme les circonstances de la pluie ou de la sécheresse  agissent sur le grain de blé.

Mais cette insertion et ces accords ne pouvaient se réaliser sans entraîner des changements au sein de la structure de l’économie, du commerce, de la prééminence de la loi du profit personnel et donc de la contradiction entre  le caractère social de source d’enrichissement qu’est le pétrole  et le caractère de plus en plus privé de son accaparement.

Faut-il des signes pour el comprendre ? Avec l’argent tous les citoyens, le gouvernement  subventionne,  le mazout importé pour permettre aux concessionnaires de vendre leurs voitures. Avec le même argent, il leur construit des  autoroutes et des réseaux superflus avec moins de voitures  et plus de transports publics modernes et confortables. Il dépense plus d’argent en bitumes.

Notre ministre du commerce vient d’annoncer que 30% des valeurs d’importation sont transférés illégalement (1), soit près de deux milliards de dollars par an, faites le calcul sur les 10, 15 dernières années.

Le colonialisme a implanté des enclaves capitalistes, et d’un capitalisme réel,  agricoles et industrielles plantées au cœur d’un pays non marchand, tribal et patriarcal.

Les réformes ont amené un capitalisme illusoire, car sans la base  nécessaire d’un bourgeoise qui soit passée du la réalité d’une classe en soi au statut d’une classe en soi. Elle n’existe même pas en tant que classe pour soi.

Dans leur avidité,  les groupes d’intérêts actuellement au pouvoir sont incapables de s’élever à l’idée de leurs intérêt commun, donc de leur destin de classe unique, car ils ne sont pas une classe unique, pas même une vraie caste.

Le personnel politique et culturel qui a réalisé ce parcours de mondialisation a  cependant l’instinct de leur intérêt à préserver  la situation de néo-colonie de notre pays.

Le parcours de Latrèche comme modèle de lutte pour la libération nationale et sociale n’avait pas sa place dans les noces organisées pour la France de Hollande. 

Non Bouteflika n’est pas un démiurge qui peut changer par magie le cours des fleuves, déterminé par des facteurs objectifs, des rapports de forces, des inconséquences de groupes politiques unies par leur seule avidité du prestige, de l’argent ou de la seule avidité.

Non, « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. » (Héraclite.) 

M.B

http://www.algerie1.com/actualite/commerce-30-des-60-milliards-usd-dimportations-transferes-illegalement/

 

 

 

 

 

 

Les vieilles idées et l’Algérie nouvelle.

Le 06 12 2015

Par Mohamed Bouhamidi.

Quels facteurs et quelles raisons, ou encore quel projet,  ont uni, hier, Tewfik et Bouteflika ?

Qu’est-ce qui les sépare aujourd’hui et qui est si grave que cela prend cet aspect de guerre publique ?

Malgré un besoin manifeste d’explications neuves sur le fait, nous retrouvons exprimées les vieilles explications qui enferment toute la vie politique de notre pays, dans l’image d’un pouvoir  soudé  comme peut l’être un clan – on l’appelle alors système – ou totalement divisé en …plusieurs clans.

A travers l’acharnement politique qui tente de maintenir en vie ces vieilles explications, essayent de se maintenir en vie les groupes, sectes ou partis qui ont abusé de ce simplisme de luttes de clans alternatives à une omnipotence du «système ».

Quand elles ne disent pas la vérité du terrain social et économique, les paroles des hommes n’avouent  que la vérité de leurs locuteurs.

La survie de ces vieilles explications tient désormais à leur nouveau rôle de bouée de sauvetage de leurs inventeurs et de leurs usagers.

Elles leur rendent en retour d’éminents services comme le prestige social  porte de beaucoup d’avantages  et de privilèges, la possibilité de combinaisons d’affaires et d’ascension sociale, la  porte ouverte d’élections à une assemblée quelconque toujours profitable socialement.

La remise ne cause de ces analyses  par les « clans », le « système » et une remise en cause, une contestation, et un déclassement  de ceux qui les portent.  Et donc ceux qui les portent ont intérêt à défendre leurs anciennes positions théoriques  pour maintenir leurs anciennes positions dans le  monde matériel.  

La compréhension de la séquence politique majeure qui est en train de se dérouler sous nos yeux se heurte et se heurtera d’abord 

Les idées neuves capables de porter la lumière sur les extraordinaires transformations qui ont amené notre pays là où il est, ne gagneront pas avant le déclin des fausses.

Il faudra hâter leur mort d’abord, par  le recours à un nouvel effort théorique pensant la politique à travers les actions de forces économiques, d’intérêts de classes et de groupes, d’influence impérieuse la loi du profit indifférente à toute morale, d’interaction internationale dans le cadre d’un système mondial plus soumis que jamais à la domination de ex-puissances coloniales, plus que jamais hostile à toute naissance d’un capitalisme périphérique et plus que jamais poussé par ses crises à élargir un monde du chaos qui tape désormais à nos portes dans la pleine inconscience.

Cela ne suffira pas. Car comme les idées fausses, les idées justes ont besoin d’un substrat social pour exister, de « porteurs de paroles », de réseaux, d’affichages médiatiques, de redistribution des forces sociales non selon, les idées et les clivages culturels absurdes qui divisent  actuellement notre société et notre peuple mais selon leurs intérêts fondamentaux réels face à un ordre mondial et ses relais locaux qui sont en train de vider de tout contenu notre indépendance nationale. 

Le départ de Tewfik n’est pas un nouvel épisode dans l’ancienne séquence historique, une phase supplémentaire dans cette baliverne de « luttes de clans », mais la fin d’une époque historique, l’épuisement de toutes les possibilités offertes et ouvertes par le 1er novembre, d’une unité interclasses possible du peuple algérien pour son indépendance.

Et dont la seule question politiquement viable sera celle de savoir comment poursuivre, dans les nouvelles conditions, la tâche de libération nationale, forcément heurtée et forcément  soumise à des reculs et des avancées.

M. B.

 

http://www.impact24.info/les-vieilles-idees-et-lalgerie-nouvelle/

 

Constitutions à l’algérienne

Le 17 01 2O16

par Mohamed Bouhamidi

Derrière la méthode, se profilent toujours  les questions de fond. Et tout d’abord, celle de savoir qui est en droit de parler et de s’exprimer sur le problème posé, de la validation des intervenants.

Sur ce projet de constitution, la méthode indique que les citoyens n’ont rien à dire sur ses propositions et son contenu. Mais vraiment rien à dire puisqu’ils n’ont pas à l’approuver par un vote, ce qui aurait supposé un débat public au moins entre partis politiques ou acteurs de la vie syndicale, des campagnes pour le oui ou le non, un décryptage ouvert et finalement un respect du rapport des forces dans la société.

La nouvelle-ancienne constitution sera approuvée par le parlement le sénat.

Donc sur un rapport de force électoral qui concernait d’autres aspects de la vie politique qui pouvait séparer les électeurs sur des détails, alors qu’ils pouvaient s’unir sur certains principes généraux.

Donc sur les résultats d’élections largement boycottées, à bon droit décriées et qui ont vu connu une inégalée de ce qu’on appelle l’argent sale. En clair l’achat par les oligarques locaux de l’investiture en vue d’obtenir  un siège d’élu qui renforcerait « la force de captage des marchés et des appels d’offres. Des Khodorkovski miniatures quand le ou les grands Khodorkovski accédaient directement au sommet du pouvoir et aux immenses pactoles grâce à leurs liens privés avec ce même sommet et en dehors même des relations tribales traditionnelles.

Nous sommes vraiment en phase d’agrégation des groupes de plus en plus déterminés par leurs liens à l’argent. Alors même que le pouvoir sous le président Bouteflika  apparaissait comme le pouvoir le plus régionaliste de notre histoire postindépendance, il portait en lui et dans ses pratiques la mise en place de la suprématie du lien par l’argent sur le lien social tribal même si pour cela il fallait raviver une base makhzen « modernisée » par une  mise à jour marchande.

Nous avons donc une première indication, par le mode d’adoption que la réforme constitutionnelle ne concerne que ce néo-makhzen  – quel autre terme pour désigner ce genre de gouvernance dans ses formes courtisanes comme dans l’émergence de ces  groupes au-dessus des lois et des tribunaux dans la pure tradition des privilèges féodaux avec ses oligarque et ses Khellil visibles et invisibles ?.

N’empêche que  néo-makhzen est né d’une décision du pouvoir de confier au président Bouteflika la réussite des réformes « capitalistes » qu’avait échouées le président Chadli. Sa survie en tant que caste dépend entièrement du maintien de la politique dans son cours et dans ses formes actuelles.  Mais elle est dans l’incapacité de construire un arbitrage par les lois entre, non les intérêts, mais les appétits des différents groupes et coteries qui la composent.

D’autant que dans le pays, de très nombreuses entreprises  familiales sont passés au stade d’entreprises capitalistes dans la mentalité de leurs propriétaires devenus actionnaire et dans leur mode de gestion et de management. Cette classe de capitalistes en formation ne regardera pas passivement les privilèges de cette caste corrompent  la vie économique.

 

Le fossé se creusera inéluctablement entre l’avidité, les pratiques de pouvoir, les mœurs politiquesde ce néo-makhzen et les attentes des centaines de milliers d’étudiants, des centaines de milliers de cadres, des centaines de milliers de travailleurs et des milliers d’entreprises PLME/PMI ou des centaines de grands entreprises qui ont besoin d’un nouveau consensus national pour sauver le pays et l’Etat Algérie et se créer l’espoir d’une nouvelle dignité. 

M. B

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Le serment politique sous l’égide des zaouïas

Publié le 3 avril 2016 par bouhamidi mohamed

 

par Mohamed Bouhamidi

In Impact24 le 03.04.2016 16:30

Les zaouïas ont la peau dure. Les institutions culturelles et religieuses incarnant la Nation algérienne nouvelle en voie d’accouchement depuis novembre 1954, et toujours embryonnaires, n’ont pas tenu la route face à ces antiques lieux de négociations, de médiations et de consensus sociaux.

Les zaouïas ne sont, en soi, ni bonnes ni mauvaises. Elles sont justes des institutions utiles socialement et politiquement, des sociétés contraintes à de fortes solidarités pour produire et échanger les biens nécessaires à leur survie.

Kateb Yacine le dit d’une façon inégalée en puissance dans un texte publié en 1961 dans Le Monde Diplomatique.

Restons-en simplement à cette idée que les zaouïas sont des structures des époques d’avant la révolution industrielle, d’avant les grands conglomérats industriels, d’avant le capitalisme qui nous posa le défi de la domination coloniale.

Dans le langage classique, nous aurions dit qu’il s’agit de structures culturelles, religieuses et éducatives des sociétés sous-développées. Je n’aime pas ce mot car il suppose que l’écart aux sociétés développées est un écart vers le meilleur, ce qui introduit un contenu moral subreptice.

En jouant ce rôle politique de blanchir Chakib Khelil, ou adouber tout autre ancien ou futur candidat à la présidence, les Zaouïas abolissent les avancées politiques réalisées par la révolution algérienne : la naissance de partis politiques nationaux, transcendant régionalisme et identités ethno-religieuses.
Car c’est bien cela la plus grande avancée culturelle de la révolution nationale : la naissance et la consolidation de la conscience nationale.

C’est mieux dit par Fanon : « Le plus haut degré de la culture nationale, c’est la conscience nationale ».
Nous retournons à la conscience patriarcale, tribale et ses symboles dans leurs fonctions d’égide religieuse du pouvoir politique.

C’est une démarche de suprématie d’un groupe, d’un clan, d’une faction à l’intérieur d’une même société, la nôtre. C’est une démarche égoïste de classe, au détriment de la nation et de la collectivité nationale. C’est une démarche de fragmentation sociale et non de cohésion en vue de régler précisément ce qui nous a empêché de lutter à armes égales avec le colonisateur : le sous-développement.

Nous ne sommes plus dans la configuration d’un rassemblement national pour combattre le sous-développement mais dans celle de la lutte des classes.

Sauf que le terme de classe ne rend pas compte d’une lumpen-bourgeoisie en incapacité absolue de se transformer en classe positive car le capitalisme périphérique dans les ex-colonies est lui-même impossible. En tous cas, sans l’affrontement continu avec le rapport colonial qui fait de nos pays un marché des matières premières et un débouché pour les industries occidentales.

Sans le développement économique solidaire qu’on a appelé socialisme par défaut, par absence d’un concept qui rende compte de l’alliance de la justice et la mobilisation des moyens nationaux.
C’est cela le contenu essentiel de l’image de Khellil ou d’autres responsables avant lui, instrumentalisant les zaouïas rétrogrades pour recréer un Makhzen détruit à la racine par la résistance nationale puis par la révolution algérienne.

Zaouïas rétrogrades, car des confréries de résistances et de combat, il y en a eu derrière Abdelkader, Bouamama, Boumezrag, El Haddad etc. ou encore, derrière, l’ALN.

Tout comme des zaouïas se sont faites auxiliaires de la conquête française ou de la guerre faite à notre peuple de 1830 à 1962.

M. B.

http://bouhamidiover-blogcom.over-blog.com/2016/04/kateb-yacine-de-jugurtha-a-ferhat-abbas-tous-les-chemins-menent-au-maghreb.html

 
Valls, et les Grecs du monde

Publié le 10 avril 2016 par bouhamidi mohamed

Valls, et les Grecs du monde Valls, et les Grecs du monde

Par Mohamed Bouhamidi

In Impact24, le 10.04.2016 16:30

En quelques heures, le ton de M. Valls à l’endroit de l’Algérie a changé.

L’homme venait dire ses regrets du refus de visas à des journalistes français. Comprenez, faire la leçon à un gouvernement local qui a tant donné à la France et ses entreprises asphyxiées, tous présidents confondus depuis la dernière réélection de Chirac.

Il arrivait chez nous, conforté par cette presse française déchaînée, dans un remake de V. Hugo sermonnant Bugeaud : « « Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde… ».

Cette presse française qui n’a imputé à Laurent Fabius aucune responsabilité pour les escroqueries de son fils.

Pour Poutine ou Bouteflika, si.

La responsabilité strictement individuelle au regard du droit, c’est pour les civilisés. Pour les barbares, seule la responsabilité collective peut être efficiente, depuis le massacre des tribus entières pendant la conquête et l’extermination de nos villages et de toute vie agraire dans nos montagnes entre 1958 et 1962.

Derrière l’attitude « morale » et indignée de la presse française, se profile la même vieille idéologie raciste d’une suprématie occidentale sur nos peuples attardés et vivant dans les ténèbres.

Cette « vertu » les poussera-t-elle à exiger du journal Le Monde le remboursement à l’Algérie, de l’argent de la dictature forcément sale, encaissé, en 2012 pour un publi-reportage élogieux maquillé en dossier ?

Valls a vite corrigé sur le sol algérien: l’amitié algéro-française « dépasse les petits problèmes ».

Entre temps, le ministre Bouchouareb, a finalement débloqué le dossier de l’usine Volkswagen prévue à Relizane. D’autres puissances économiques apparaissent-elles en Algérie en réclamant une gestion de l’économie selon les règles de la compétitivité entre puissances industrielles étrangères et non selon les amitiés politiques et leur suite d’arrangements souterrains ?

L’opinion s’interroge depuis longtemps sur les avantages uniques dont bénéficient les entreprises françaises et cette histoire du Monde ravive la plaie.

Avec le malaise supplémentaire d’apprendre que dans notre gouvernement, le ministre Bouchouareb était chargé de faire prévaloir les intérêts de la France au nom de cette amitié.

Le déblocage du projet Volkswagen a-t-il changé la donne en quelques heures ?

Les pouvoirs algériens ont-ils mesuré le désastre pour leur maintien d’une amitié algéro-française qui consiste à pomper nos ressources, notre argent, pour soutenir à côté les positions systématiquement hostiles à l’Algérie dans toutes les questions internationales ?

Une telle alliance ne pouvait tenir sans que de puissants intérêts locaux, dans notre pays, trouvent leur bénéfice dans cette relation sadomasochiste.

La scène de ménage laissera place à une amitié plus ardente encore.

Valls partira avec de nouveaux contrats, de nouveaux avantages soutirés à un pouvoir algérien coincé par la crise des prix du pétrole.

Lui-même, coincé par la crise du capitalisme qui frappe tout le monde occidental, est obligé de faire des courbettes en attendant un traitement à la syrienne pour s’emparer directement des ressources et créer les gouvernement locaux rêvés par de Gaulle dans son discours du 4 novembre 1960.

Il a dû affirmer qu’il n’était pas sur la ligne du journal Le Monde qui survit dans une vocation imméritée de sermonneur démocratique.

Mais tout le « monde démocratique » français, du Monde au Figaro en passant pas les philosophes-clones de V. Hugo, lui rappelle la tâche historique essentielle : faire marcher la civilisation sur la barbarie. La cinquième colonne est en place !

« Ce n’est pas encore mûr, ce n’est pas encore mûr ! », semblent répondre es politiques, les militaires et les services spéciaux…

M. B

source : http://www.impact24.info/valls-grecs-monde/

Publié dans Algérie politiquereconquêtes néocolonialesalgérie france culture neocolonialismealgérie france

 

 

Valls, Bouteflika, indignations et politique

Publié le 17 avril 2016 par bouhamidi mohamed

 

Par Mohamed Bouhamidi

In Impact24 le 17 04 2016

Tels de grands marins, les maîtres invisibles de Valls peuvent aller contre notre indignation avec la force de notre indignation.
Comme émotion, l’indignation dit beaucoup sur les êtres qui réagissent et rien sur l’objet concerné : la nature du rapport françalgérie qui s’est instauré depuis la mort de Boumediene mais qui approche d’une proportion d’exclusivité depuis dix-sept ans. Avec une remarquable constance dans la fidélité des gouvernants algériens à l’idée d’une relation exceptionnelle, stratégique, hors-normes etc. Du Jacques Brel sur partition politique.
Un rapport régulièrement ponctué par des gestes d’abaissement du gouvernement algérien, dont le point culminant fut l’annonce par A. Juppé d’un accord algérien de célébrer avec retenue le cinquantenaire de notre indépendance.
Même pour le plan symbolique, qui nous assure la base de notre Être national, nous n’étions plus les maitres exclusifs de notre pays mis en cogestion.
Avec la France, avec l’U.E, avec d’autres institutions.
Est-ce la gouvernance mondiale, avancée comme modèle désirable et modèle unique ? Peut-être mais c’est aussi annoncer que notre voie a déjà été pensée pour nous.
C’est une forme de l’acceptation d’une gouvernance internationale. Tout à fait dans la perspective de la globalisation qui consiste à passer de la mondialisation concrète du commerce à la mondialisation de sa « gouvernance».
La politique française à l’endroit de l’Algérie a consisté à nous sortir pas à pas, de façon insensible et indolore de la politique de sortie du sous-développement vers une intégration à la communauté internationale.
La lutte contre le sous-développement est le seul contenu possible d’une idée d’indépendance.
Bref, l’idée fondamentale sur laquelle avance le système capitaliste qui gouverne le monde et ses politiciens de service, est passé : les peuples ne sont pas maîtres de leurs territoires.
Et il n’est pas question d’opposer un intérêt national à la volonté de la « communauté internationale », pseudo de guerre de l’impérialisme.
C’est à l’intérieur de ce carré que nos dirigeants peuvent s’agiter ou se soumettre, pas en dehors, comme la grenouille affaiblie par le confort de l’eau tiède qui bientôt l’ébouillantera.
Dans la tête des Valls, Hollande, Sarkozy, Juppé, partout dans le monde, les pays n’appartiennent plus à leurs peuples depuis longtemps.
Le geste de Valls, aussi vil qu’il soit, ne relève pas de la morale. Il est un épisode supplémentaire dans la chaîne d’efforts français pour amener le pays Algérie vers le désarmement industriel, agricole, politique, culturel, et le remettre dans la situation de base de la relation coloniale : un marché de matières premières et un débouché pour ses marchandises.
Les équipes qui ont servi les buts de la France néocoloniale en croyant la dribbler ont achevé le travail dont elles étaient capables. Le temps est venu de renouveler les têtes, les apparences, les discours pour réaliser les mêmes buts fondamentaux : avoir un Etat vassal en Algérie.
Il vient de frapper, à l’intérieur du pouvoir, le groupe dont les sources d’enrichissement restent les contrats et les marchés concédés par l’Etat.
Ceux-là même qui ont tant donné à la France néocoloniale, croyant à un deal gagnant-gagnant, quand on ne leur laissait que le choix de fondés de pouvoir.
Il vient d’apporter sa contribution à la transition pour amener au pouvoir le candidat de la fin de l’Etat national parmi les forces dont l’argent est devenu multinational et déterritorialisé.
La seul bonne question est de savoir quoi et comment faire en tant que peuple pour défendre l’idée d’indépendance de notre pays et son Etat national et si le groupe dirigeant a encore la capacité de participer un tant soit peu à cette tâche ?
Et l’indignation sans intelligence n’est pas la meilleure alliée.
M. B

Source : http://www.impact24.info/valls-bouteflika-indignations-politique/

Publié dans algérie francereconquêtes néocoloniales

 

 

 L’idée de modèle du gouvernement algérien.

Publié le 24 avril 2016 par bouhamidi mohamed

 L’idée de modèle du gouvernement algérien.  L’idée de modèle du gouvernement algérien.

In Impact24 le 24 04 2016

Par Mohamed Bouhamidi

Avec le retour de l’Iran sur le marché des hydrocarbures, une sortie algérienne de la crise financière devient impossible à court terme.

Pour affronter toute crise, il faut avoir une liberté minimale d’action sur les secteurs affectés par la crise.

Non pas sur les facteurs fondamentaux tels que les décisions politiques d’utiliser la surproduction pour casser des ensembles politiques et des Etats comme la Russie ou l’Iran.

Ces facteurs ont même l’intérêt pédagogique de montrer que « l’économie de marché » est le leurre par lequel on nous vend un rapport de suprématie entre forces inégales de production de nos pays et des pays capitalistes développés.

Et à l’intérieur de ce rapport de suprématie, construit par l’histoire des conquêtes coloniales et entretenu par toutes ces nouvelles guerres, de tant de générations et de tant de combinaisons hybrides.

La parade du gouvernement de convoquer une assemblée d’experts pour imaginer un « nouveau modèle de croissance » est pathétique.

Un modèle, c’est soit une construction théorique qui pourrait servir à comprendre des phénomènes difficiles à appréhender comme la météo. Mais le modèle ne fait pas le vent, ni la pluie ni le ciel ensoleillé. Il sert juste à repérer les difficultés théoriques ; et c’est déjà beaucoup, mais pour la science et, plus tard, pour prévoir chapeau ou parapluie.

Ou un modèle peut être un but à atteindre et, pour faire court, dans ce cas, le modèle est par définition impossible à atteindre puisque nous sommes à son extérieur.

L’Europe capitaliste peut être le modèle du pouvoir et de ses opposants mais il ne peut pas être leur réalité.

C’est leur fantasme. Généré par leur complexe de colonisé, par leurs désirs pathologique de mondialisation. Par mimétisme culturel. Le plus souvent par intérêt matériel des individus, des familles, des groupes et des classes. En un mot, par aliénations culturelles, politiques, économiques et sociales.

Le gouvernement et sa commission d’experts ne mobiliseront pas plus que des fantasmes de croissance, assorties d’un appel supplémentaire à la discipline dans l’austérité et à serrer encore plus les budgets sociaux.

Le gouvernement continuera à subventionner les importations en maintenant la parité administrative du dinar. Calculez ce que gagnent en subventions les productions étrangères, les importateurs et les circuits informels qui récupèrent les marchandises, quand il faut payer cent dinars l’euro dans les banques, et cent quatre-vingt dans le marché informel.

Ils doivent rire les cambistes informels quand on leur propose d’ouvrir des guichets officiels et perdre un taux de quatre-vingt pour cent de profit parce que la transformation de la valeur des marchandises importées et, donc, les banques d’Etat restent leur principale source d’approvisionnement.

Bref, d’une certaine façon, le gouvernement n’a plus d’emprise sur l’économie réelle du pays.

Son administration est bridée par les accords extérieurs et le gouvernement rêve d’ajouter aux verrous qui le paralysent un accord avec l’OMC.

La commission sortira de ses travaux avec cette grande idée que l’économie de marché est la bonne solution que nous n’avons pas su appliquer.

Et le modèle restera modèle.

C’est bien dans sa nature.

M.B

 

 

Jusqu’au bout de l’aliénation

Publié le 5 juin 2016 par bouhamidi mohamed

 

In Impact24 le 05.06.2016 19:00

Par Mohamed Bouhamidi.

De quels leviers économiques dispose le gouvernement algérien pour changer les orientations fondamentales qui l’ont obligé à chercher un nouveau modèle de croissance ?

Notez bien qu’il s’agit de croissance, c’est-à-dire d’augmentation de la richesse produite, ou PIB. Avec de savants calculs pour savoir combien d’emplois peuvent créer un point ou un demi-point ou encore trois de PIB.

C’est vrai pour les économies développées, productrices, déployées sur tous les secteurs d’activités avec les échanges inter-secteurs et entre tous les niveaux.

Difficile de faire des projections sensées, avec prévisions, pour des économies dépendantes des importations des produits finis pour la consommation des populations et de produits bruts ou semi-finis pour les activités productrices.

Ce sont des économies vassales, pour emprunter un mot de lexique politique et des rapports féodaux. Pour bien indiquer qu’aux raisons objectives d’inégalités de développement s’ajoutent une soumission voulue.

Jamais, ces rapports ne se sont accompagnées d’autant de verbiages sur les « valeurs », la « démocratie », la « bonne gouvernance », autant de productions idéologiques chargées de justifier la « bienveillante » surveillance du G7 sur nos pays

Chargées de réécrire, pour notre époque, un nouvel épisode agréable du Prospero mondialisé et de nos Caliban convertis aux « sciences du FMI ».

Dans notre cas cette richesse peut augmenter ou se contracter sans que nous ayons le moyen d’agir, selon les prix du pétrole de 2013 ou ceux de 2016.

Le pays sera riche ou pauvre, selon que les économies réelles et développées auront besoin de plus ou de moins de pétrole. Ou de cacao, ou de bois précieux, ou de café.

mais sur tous les continents, nous consommons, leurs légumes, leurs fruits, leurs poissons congelés, , leurs céréales, leurs habits et tennis, leurs voitures, avions, téléphones, leurs engrais, leurs insecticides, leurs cosmétiques, leur langage, leurs pseudo-idéaux, leurs pseudo-valeurs…

Quand nous restons des producteurs de produits locaux et exotiques, le Prospero mondialisé génère les produits d’un marché unique et uniformisé de Bamako à Caracas en passant par Shanghai.

Et génère avec les produits les représentations et les illusions de valorisation de soi de les posséder. Notre propre estime de nous-même est dans l’exhibition du génie des autres.

Cette aliénation totale finit à ce niveau mais commence ailleurs. Très précisément dans l’emprunt du langage construit pour dire les logiques perceptibles et sensibles de la vie des autres sociétés et des autres économies sans dire d’ailleurs leurs vérités et leurs réalités.

Le modèle de croissance c’est utile pour les pays du G7 maîtres des grandes et des vraies variables de l’économie et la première d’entre elles, l’adossement et la valeur du dollar et ensuite de l’Euro.

Notre problème n’est pas un modèle de croissance dont nous ne maîtrisons aucun facteur. Pire, je le redis, les pouvoirs publics, financent les importateurs en maintenant un change administré de cent dinars pour un Euro quand la valeur réelle est autour de cent quatre-vingt dinars pour un euro. Un surprofit de quatre-vingt pour cent pour les importateurs et pour les économies étrangères.

Cette idée de modèle de croissance, c’est du vent. Même avec un pétrole à $150 nous n’avons pas créé d’emplois, à l’intérieur de cette perception.

Nous avons besoin de développement, c’est-à-dire mettre notre argent dans nos usines et dans nos champs, pas dans les produits des usines et des champs d’économies étrangères.

Et la retraite à 65 ans annoncée par Haddad, Patron des patron, devenu porte-parole du gouvernement et caïd du pouvoir, n’est qu’un autre mode du mimétisme des débats européens et de l’emprunt idéologique.

L’aliénation. Jusqu’au bout.

M. B mohbouha4@gmail.com

source :

http://www.impact24.info/jusquau-bout-de-lalienation/

Publié dans Algérie politique

 

 

L’unicité ultralibérale algérienne

Publié le 12 juin 2016 par bouhamidi mohamed

L’unicité ultra-libérale algérienne L’unicité ultra-libérale algérienne

In Impact24 le 12.06.2016 17:00

Par Mohamed Bouhamidi.

Au milieu du chemin, la plupart des gens auront oublié le point de départ.

Les uns parce qu’ils sont nés après, juste après ou longtemps après.

Les autres auront oublié, le début du processus qu’est une marche. C’est une marque de nos temps. Une extraordinaire avalanche quotidienne d’informations nous fait oublier ce que nous avons appris la veille. Tous les jours, on nous sélectionne, l'information-clé, l’information sensationnelle, l’information qui explique tout et annule l’explication qui nous expliquait tout la veille.

Dans cette sorte d’annulation de la hiérarchie dans l’importance et de la portée des événements, nous perdons deux possibilités.

Premièrement, celle de la perception des faits, selon la tradition et les intérêts de notre groupe, de notre classe sociale ou de notre peuple. Nous adoptons la perception de ceux qui fabriquent l’information. Qui se souvient que les titres de presse reflétaient, jadis, des opinions publiques diverses et que leur lutte politique, sociale, culturelle, engendrait pour les groupes, les journaux nécessaires à leur cohésion et leur action dans les partis, les syndicats, les associations etc.

La chute du Mur de Berlin, a consacré, dans le monde entier, la défaite du camp socialiste et a laissé le champ libre à l’hégémonie de la pensée correcte et unique et au règne d’une presse consacrée à la défense « des valeurs » et de « l’axe du bien ».

Deuxièmement, celle de nous construire un récit de nous-mêmes, de notre groupe social, notre classe ou notre peuple, de nous construire une mémoire et des repères, qui nous permettraient une perception cohérente des phénomènes politiques et sociaux et de nous orienter. C’est la mémoire des autres, alors qui nous façonne dans nos opinions et nous fabrique notre récit.

Le Mur de Berlin, n’est pas tombé juste en Allemagne. Il est tombé dans chacun des pays de notre univers. La victoire du camp occidental, a d’abord donné au mot « démocratie », le contenu exclusif « d’économie de marché ». Et s’agissant bien d’une victoire des démocraties occidentales, la victoire de l’ordre démocratique » devait se traduire par la victoire l’économie de marché sur tous les terrains.

D’ailleurs quel pays aurait pu trouver pour ses projets de développement, une aide semblable à celle de l’ex URSS ?

Au monde unipolaire ne pouvait que correspondre le triomphe de la pensée unipolaire.

Chez nous aussi.

Qui se souvient que de grandes luttes sociales, totalement fusionnées, dans la lutte pour la décolonisation et la libération de notre patrie ont permis de vivre et de s’exprimer à une opinion socialiste et à des opinions favorables à l’industrialisation autonome et indépendante du pays ?

Comment raconter à ceux nés en cours de chemin que le virage pro-libéral des années 1980, a organisé la mort des organisations de lutte sociales porteuses de cette vision non capitaliste du monde ? Comment dire que le terrorisme a mis les travailleurs devant le choix de la mort immédiate de ses couteaux ou de la mort lente sous les réformes du pouvoir ?

Et que de là vient aussi, cette absolue liberté du pouvoir et de ses experts d’imposer leurs fausses « solutions » que dans les termes des croyances ultra libérales.

Mais où sont les autres opinions ? Elles viendront avec les luttes sociales.

Quand pour la grande masse de notre peuple il faudra choisir entre un « modèle » taillé pour le profit de quelques-uns ou une voie ouverte au bien de tous.

M.B

 

L’école algérienne entre Bac et Beylik

Publié le 19 juin 2016 par bouhamidi mohamed

In Impact24 le 19.06.2016 21:00

par Mohamed Bouhamidi

Suspendre l’accès aux réseaux sociaux est une mesure de temps de guerre. Ou un acte de prévention d’une menace élevée sur l’ordre public. Ou la réaction à un risque d’effondrement de l’Etat par un coup d’Etat, une attaque terroriste majeure, etc.

En tout cas, on n’interdit pas pour les ordinateurs « ordinaires » pour le laisser disponible sous certaines applications, notamment pour téléphones portables.

Même en Syrie, l’Internet fonctionne. Il a été volontairement interrompu, une seule fois pour contrer une attaque sur Damas par des opérations préventives. Aucune personne capable de multiplier deux par deux, n’ira comparer la complexité de cette guerre universelle faite à la Syrie, avec des combattants issus de quatre-vingt pays, à la mise sous scellés de quelques documents sélectionnés par un groupe d’enseignants.

Quelqu’un avait suggéré d’appliquer aux enseignants chargés de choisir les sujets du bac, les mesures de protection des jurés des tribunaux criminels : les isoler le temps que les épreuves se déroulent. Serait-il si insurmontable pour l’Etat de trouver alors une centaine de fonctionnaires de police et de gendarmerie suffisamment honnêtes pour faire parvenir les sujets aux centres d’examens ?

Car le problème est là : le gouvernement algérien vient d’avouer qu’il ne peut se garantir, à lui-même, un degré minimal d’honnêteté de ses fonctionnaires.

Les rituelles fuites du bac font partie de son cérémonial d’inquiétude de passage en même temps vers l’âge des responsabilités sociales accordées aux élites et vers cette élite qualifiée par le savoir qui tient son statut par ses mérites. Non par la naissance, ni par la fortune. Cette cérémonie de passage est aussi solennelle que tous les rites de passage et d’intronisation aux fonctions dirigeantes dans les sociétés au cours de toute l’histoire de l’humanité.

Le bac est autant un examen qu’un mythe social. Les fuites sont la part du destin dans la réussite ou dans l’échec, la part de « pas de chance » qui permet de survivre à l’échec. Elles n’existeraient pas, que les candidats et la rumeur publique les inventeraient.

Nous ne sommes absolument pas dans cette tradition de la solennité instituant l’idée d’élite par le mérite nécessaire à la bonne marche de l’ordre social.

Mais dans le spectacle burlesque de nos gouvernants découvrant que leurs pratiques de la triche généralisée avec les élections, les lois, les interdits et, surtout, avec la morale de gouvernement incompatible avec l’enrichissement par l’usage des fonctions de l’Etat. Nous sommes passés depuis longtemps de l’ordre de l’Etat à la culture du Beylik.

C’est un aveu terrible sur l’étendue de la gangrène qui a saisi ses organes ou l’ampleur des métastases qui les ont atteints. Chacun choisira le diagnostic. Je me souviens que les analystes ont utilisé les deux images effrayantes du cancer et de la gangrène pour caractériser le phénomène de la corruption.

On nous a servi qu’il s’agit d’un complot des islamistes, décidés à liquider la ministre de l’Education. Ce serait bien la preuve que des fonctionnaires occupent des postes non au service de l’Etat mais de leurs factions. Que ces factions soient politiques ou claniques, familiales ou maffieuses.

La règle est devenue que le choix porté sur un individu pour occuper une fonction administrative ou élective devient automatiquement le droit pour sa famille de l’exercer pleinement avec lui.

Les diplômes, le mérite, la sacralisation du bien collectif, pouvaient avoir encore du sens avant que l’Etat ne devienne le théâtre d’une farce dansante autour du butin.

Les fuites du bac, à ce niveau, montrent simplement que l’Etat est devenu incapable de se présenter comme le garant des sacralités sociales, sous l’effet de la prédation et du dérèglement des gouvernants.

M.B

Source : http://www.impact24.info/lecole-algerienne-entre-bac-beylik/

Publié dans résistances culturelles

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