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Souvenirs d’un militant aurèsien –Chebbah El- Mekki. –Préface de Abdelhamid Benzine.

27 Novembre 2018 , Rédigé par bouhamidi mohamed Publié dans #Notes de lecture

Souvenirs d’un militant aurèsien –Chebbah El- Mekki. –Préface de Abdelhamid Benzine.

Par Mohamed Bouhamidi.

Chebbah El-Mekki est né  en 1894, à Sidi Okba, près de Biskra, commune mixte en pleine zone sous administration militaire. Partout sur les territoires sous administration militaires, caïds, aghas ou bachaghas suppléaient  l’administration coloniale, mais dans cette région des Aurès, le statut spécial, d’origine ottomane, de Cheikh El Arab, était accordé aux générations des Bengana. Plus tard ce titre a été grossi, par les descendants de cette lignée en « Sultan des arabes » pour des raisons encore confuses.

Son lieu de naissance le confrontera au colonialisme à travers cette interface féodale et supplétive. Bengana le fera mettre en prison sans jugement, sur simple coup de téléphone à l’un des commandants militaires de cette région sous administration spéciale.
Chebbah va confronter le pire côté du colonialisme appuyé sur les forces supplétives : l’arbitraire.

Il revenait de France où il avait rencontré et Messali Hadj et adhéré à l’Etoile Nord-Africaine dont il rappelle qu’elle a, aussi, été portée par le courant communiste. Il indiquera clairement les raisons de sa rupture avec Messali après que Chakib Arslan l’ait entraîné vers un nationalisme coupé des questions sociales.

Revenu sur ses terres natales, il créa une association sportive, et surtout, une association culturelle. Déjà en contact avec le Parti Communiste Algérien, il poursuivra son travail culturel avec le Mouvement des Uléma et ses actions avec le mouvement du Docteur Saadane.

Rédha Houhou sera son compagnon. Ainsi a commencé la vie de militant multidimensionnel de Chebbah, dans la sphère de l’art et de la culture. Est-ce bien cet aspect qui fera de lui un homme sans préjugés politiques, capable de travailler avec l’ensemble des hommes engagés dans la voie anticoloniale et un homme qui aura produit du théâtre algérien et traduit et fait connaître le théâtre du monde arabe ?   

Cet appartenance aux racines religieuses et culturelles de notre société l’emmènera à fêter dans  son café-théâtre, la relaxe de Cheikh El Okbi  dans l’accusation de meurtre du Muphti d‘Alger, Bendali Mahmoud dit Kahoul. Les indicateurs du « Cheikh El Arab » rapporteront que des discours hostiles ciblèrent l’administration aussi bien que le supplétif.

Il fut traîné pour l’exemple sur soixante dix kilomètres pour être mis en prison.
Désormais sa vie culturelle sera intimement liée à sa vie politique mais désormais aussi, sa lutte coloniale sera indissociable de la lutte contre la féodalité.
Ce qui l’avait éloigné de Messali prenait racine dans sa chair.

Dépouillé de ses biens par simple arbitraire de Bengana, il sera contraint de quitter sa région où il avait contribué à la renaissance d’une conscience politique et culturelle à dimension nationale et où il avait reçu dans son café Abdelhamid Ben Badis interdit de parole, dans la mosquée, par Bengana. .
A Alger le Secours Populaire, lié au Parti Communiste, éditera un timbre qui immortalise et internationalise l’image de Chebbah trainé, mains liées, derrière un cheval.

Alors vraiment commencera sa riche carrière théâtrale. Il intentera un procès à Bengana, fait inédit et quasiment inouï, procès qui mettra à nu l’arbitraire colonial en général, celui des caîds et celui des officiers militaires ou administrateurs.

Il sera l’ami des Uléma, du Docteur Saadane, le docteur qui soignait les pauvres,  de Rédha Houhou l’intellectuel du renouveau littéraire algérien. Il sera communiste et Musulman, affirmant qu’il n’y avait aucune contradiction à être les deux uniment.

Il deviendra l’ami de toutes les composantes du mouvement national.

Il paiera son engagement de plusieurs séjours en prison.

« Souvenirs d’un militant aurèsien» retrace cette vie de combat et de contribution à notre culture nationale, jusqu’au-delà de l’indépendance. Ce livre sera à l’image de l’homme, un acte-moment de combat. Publié à compte d’auteur, il ne connaîtra qu’une très faible promotion, limité aux milieux progressistes. Il recevra quelques hommages mérités mais peu nombreux.

Est-ce la singularité politique de cet homme qui en est la cause ?

Vous trouverez quelques réponses à la lecture de ces passionnantes mémoires aurèsiennes.

M.B

 

Source : Horizons du 28 novembre 2018.

 

 

 

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S
Chebbah el mekki est originaire de la tribu des ouled abderahman, une tribu auressienne du massif de l'Aures.il a vecu à sidi okba,ville située au piemont de l'Aures.
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B
Merci Souad pour le commentaire.