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Journal de marche (maquis de Sebdou) –Abdelhamid Benzine

31 Octobre 2018 , Rédigé par bouhamidi mohamed Publié dans #Notes de lecture

Journal de marche (maquis de Sebdou) –Abdelhamid Benzine

 

Journal de marche (maquis de Sebdou) –Abdelhamid Benzine

Par Mohamed Bouhamidi.

Le dimanche 21 octobre 1956 s’achève « le journal de marche », des notes écrites au hasard des haltes et des accalmies de la vie de maquis dans la région de Sebdou, région de Tlemcen.

 Un homme le tient, commissaire politique dans l’ALN, Benzine Abdelhamid, journaliste d’Alger-Républicain et membre du Parti Communiste Algérien après avoir été très longtemps membre du PPA, actif et respecté dans la région de Sétif-Constantine.

Il avait commencé à écrire ce journal le 14 août 1956, trois mois après son arrivée dans cette région, pages éparses, notes griffonnées au stylo rouge ou bleu, remises à Belhadj, un paysan qui les confiait au secret d’un trou de son jardin, connu de lui seul et de Benzine.

Exceptionnel document sur une zone délimitée de guerre, une sorte de grossissement au microscope de la phase d’implantation définitive de l’ALN dans le corps social.

La vie de maquis au Sebdou nous paraît plutôt différente de ce que nous ont appris les récits sur les autres wilayas. La présence, la participation, l’apport du peuple sont, dans ce texte, réellement mis en valeur. L’héroïsme a des noms, ceux des simples djoundis qui tiennent, du moussebel, des femmes, des sentinelles. Nous sommes dans ce journal loin d’une histoire purement militaire. Bien au contraire, la guérilla, les embuscades, les accrochages, l’action militaire proprement dite cèdent la pas aux action de sabotages, d’organisation, de travail de réseautage, et de débat.

 
Fait notable, le lecteur peut comprendre que dans ce maquis de Sebdou, le commissaire politique lui-même et les djounouds, trouvent dans  la presse coloniale les informations sur l’activité des autres maquis, alors même que l’ALN ne dispose pas à ce moment des moyens d’une information rapide à l’échelle nationale.

La crise de Suez représente une grande occasion de débats et d’analyses avec les  djounouds et paysans sur l’unité du système impérialiste et l’agressivité redoublée des grandes puissances coloniales quand elles en viennent à perdre leurs positions ou possessions.

Un passage de ce journal nous surprend par sa force d’évocation d’un roman de Mohamed Dib. Benzine explique aux paysans que notre lutte est nationale et non religieuse, puisque des musulmans étaient harkis  et que des chrétiens ou des juifs nous soutenaient.   Sur  quasiment le même lieu, Hamid Serradj, personnage essentiel de « L’incendie »  expliquait aux paysans grévistes, trahis par Kara, la même réalité de la division par le social et le politique et non pas le religieux

La vie de maquis reste une vie dépendante de la vie sociale. Nous percevons bien que sans ces douars et mechtas, les maquisards n’auraient pas tenu longtemps. La thèse coloniale,  reprise largement  par certains négationnistes algériens, qui présentent la guerre d’Algérie comme « une prise d’otage du peuple algérien » par l’ALN s’effondre sans rémission à la lecture de ce livre.

Le nombre incroyablement élevé de martyrs civils, de villages détruits, d’otages exécutés en public  pour l’exemple, n’entame en rien le soutien du peuple à une armée de l’ALN qui est son armée.

En cette vieille de 1er novembre, la lecture ou relecture de ce journal de marche, aidera grandement la mémoire à resituer la grandeur et le fol défi de notre peuple de réussir, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la victoire sur une colonie de peuplement.

M.B

 

Journal de marche –Abdelhamid Benzine – Editions Nationales Algériennes -1965 – 138 p.

 

 

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